Ce billet fait suite au bilan de la première journée de la Collaboration University 2006 publié il y a... ahum... à peu près 3 mois. Oui, vous pouvez vous moquer, n'empêche, je m'étais promis de faire le bilan de la seconde journée ; et bien le voilà (vous remercierez Nintendo qui a omit de me livrer ma Wii ce soir). Les choses ne sont plus tout aussi fraîches qu'à l'époque alors ce compte-rendu est un peu plus vague et évasif que le premier, mais je pense que l'essentiel y est. Bref. Revenons sur cette journée du 28 septembre 2006 (note : sa rédaction a commencé le soir même, d'où une temporalité un peu étrange par moment).
Cette journée s'est très bien passée, mieux que la première. Je me suis senti nettement plus à l'aise avec l'anglais, tant à l'écoute des conférenciers qu'à la prise de parole. On prend assez vite le pli, finalement. C'est assez inattendu vu, j'avais pas mal d'appréhensions à ce sujet et j'en suis le premier surpris. Aujourd'hui, deux jours plus tard, on ne me comprend pas toujours du premier coup, mais les mots viennent beaucoup plus facilement et j'arrive à tenir des conversations presque cohérentes, même après une ou deux Guinness. Sur le plan personnel, c'est donc un bilan tout à fait positif (l'anglais, pas la bière).
Les sessions également se sont mieux passées. J'étais assez remonté à l'issue de la première journée, mais avec du recul je me suis rendu compte que je n'avais pas fait la part des choses entre la technologie présentée et la façon dont certains conférenciers l'ont implémenté. C'est un travers dans lequel on peut tomber facilement (blâmer les jeux-vidéo parce que certains se croient dans GTA avec leur 205 GTI, blâmer le metal parce que certains dérangés y trouvent refuge), et j'aurais probablement dû nuancer un peu plus mes propos (que j'ai conservé tels quels, puisque publiés le lendemain, pour des raisons d'authenticité et d'éthique du journalisme total). Je ne peux pas blâmer Quickplace parce qu'un développement qui a été fait dessus est une passoire. Bref, fort de ces réflexions, j'ai abordé cette seconde journée avec un meilleur état d'esprit.
Passons donc à la première session de cette journée.
QP301 : Developing Quickplace placebots with LS and Java
Suite logique de la session sur le développement de formulaires HTML pour Quickplace : la présentation des placebots. Les placebots sont tout bêtement des agents Domino, dans le contexte de Quickplace. A l'instar du reste, on les déploie en passant par l'interface d'administration dédiée de Quickplace, en fournissant un fichier .lss pour un placebot LotusScript, ou .java pour un placebot Java. Quickplace se charge en amont de créer un vrai agent dans la base Domino. S'il y a un problème à la compilation, le placebot n'est pas créé/mis à jour.
Malheureusement, avec les placebots, il n'est pas possible d'utiliser de librairie de scripts, ce qui est fort dommage. Vous me direz, on pourrait envisager d'aller directement éditer la base Domino sous-jacente avec Lotus Designer, mais c'est quelque chose de déconseillé, car bien que le système soit du Domino derrière, Quickplace à son propre moteur et sa propre façon de fonctionner et de gérer ses bases. Sachant que le paradigme du logiciel est que les utilisateurs aient la main sur les applications et que c'est hors de contrôle des administrateurs, ce conseil semble plutôt pertinent.
Les placebots ont deux façons de fonctionner : soit schedulés (tout comme les agents Domino), soit à l'enregistrement d'un formulaire Quickplace (apparemment ce n'est pas du WebQuerySave derrière, alors attention). Je n'ai pas vérifié, mais Troy a indiqué qu'il ne peut y avoir qu'un placebot par formulaire (puisque je lui avais demandé dans quel ordre ils sont exécutés s'il y en a plusieurs par formulaire).
Coté programmation proprement dite, c'est l'API de Domino qu'il y a derrière, donc on manipule des NotesSession, NotesDatabase, NotesView, NotesDocument, etc. Il faut donc malgré tout connaître la structure des bases Quickplace pour coder des placebots (ne serait-ce que pour connaitre le nom des vues, ou des champs des documents).
Petit retour d'expérience de (Snapps), il semble parfois plus intéressant de coder des agents dans des bases Domino externes à Quickplace, plutôt que les placesbots. Pour des histoires de signature des agents sous-jacents (qui ne peuvent pas forcément avoir accès à tout), ou bien de multiplication des placebots. N'ayant aucune expérience là dessus, je ne peux que leur faire confiance. C'est à peu près tout pour ce qui concerne cette session.
ST401 : Sametime alternate client choices, functions and integration
Cette session, menée à Carl Tyler, avait pour objectif de présenter l'ensemble des clients Sametime disponibles et leurs fonctionnalités. En substance, il y a :
- Sametime Connect 7.0 et inférieur (le client lourd traditionnel),
- Sametime Connect 7.5 (le nouveau client lourd super extensible basé sur Eclipse),
- Sametime Java Connect (l'applet Java dans le browser). En ce qui le concerne, c'est confirmé, il a bien été retiré de Sametime 7.5, donc pour l'utiliser, il faut le reprendre de Sametime 7.0 ou 6.5.
- les liens Sametime (ST Links) qui ont été évoqués dans la première journée et relatés ici même,
- NotesIM (client intégré au client Lotus Notes).
- Les clients mobiles qui devraient être disponibles prochainement.
Voilà pour les clients IBM officiels. Mais il y en a d'autres, un peu moins officiels :
- Plugin pour Trillian pro, disponible sur alphaworks
- Plugin pour GAIM (meanwhile)
- Adium (pour Mac)
- NotesBuddy (un client Sametime et de messagerie Notes assez laid qui a connu pas mal de succès en interne chez IBM)
Forcément, ces clients moins officiels ne supportent pas toutes les fonctionnalités des client IBM, comme le partage d'écran ou la voix/video. Coté "chat" on retrouvera également des manques : le support des groupes publics (stockés sur le serveur), par exemple.
La société de Carl Tyler (IMInstant) a développé 2 clients très intéressants : le premier s'intégrant dans Outlook, le second dans Office. Le plus de ces clients est qu'ils sont contextuels aux données et meta-données des documents Office et d'Outlook. Malheureusement, ils s'intègrent assez mal aux logiciels (en fenêtre volante à coté) et ne sont à ce jour plus développés depuis quelques temps puisqu'IBM est sur le point de fournir ses propres clients faisant la même chose, et forcément, en beaucoup mieux (et probablement plus cher, aussi).
A noter que coté intégration dans WPS, rien de nouveau à l'horizon non plus avec Sametime 7.5, et même dans WPS 6.0 (sorti en juillet dernier). On devra donc faire avec le portlet un peu bancal que l'on connait déjà (sur la base d'une applet Java).
ST303 : Supporting Sametime in the Entreprise : top 10 tips for support
Alors là, je vais avoir beaucoup moins de choses à dire. Il s'agissait de 10 problèmes fréquents lorsqu'on souhaite déployer Sametime 7.5 en entreprise. Je ne vais pas les énumérer un par un, ça a parlé de ports, de règles de sécurité, de configuration, etc. Enfin si, je vais en citer un car il me paraît très important (et surtout, j'ai été confronté à cette situation quelques jours avant de partir) : avant d'installer Sametime 7.5 sur la base d'un Domino 7.0 (ou plus), s'assurer d'avoir spécifié un FQHN correct dans le document serveur de Domino, dans l'onglet "Basic" (au champ FQHN), mais surtout dans l'onglet "Ports". J'entends par FQHN correct l'entrée DNS qui va correspondre au serveur sametime (par exemple chat.mycorp.com), et pas l'adresse IP ou l'entrée DNS physique de la machine (qui est la valeur prise par défaut à l'installation de Domino pour l'onglet "Ports").
QP302 : Supporting Quickplace in the Entreprise : top 10 tips for support
Même chose, mais pour Quickplace. Les sujets évoqués ont été le super user (celui défini dans le fichier qpconfig.xml), des commandes non documentées (?Opendatabase&PlaceSecurity pour un résumé de la sécurité des rooms, ?Opendatabase&ResetTheme pour réinitialiser le thème installé), de problèmes d'upload des ressources, de support des fichiers MS Office, de réparation de documents bloqués à l'état brouillon, etc. Pour évoquer un point traité, tout comme il est déconseillé d'éditer des bases Quickplace à la main, il est tout aussi peu recommandé d'y exécuter l'administration process (adminp). Pourtant, on peut avoir besoin d'effectuer des modifications dans les données existantes, en cas de renommage d'un utilisateur, ou autre. Dans ce cas, la commande qptool.exe est préconisée et dispose de nombreuses fonctionnalités à cet effet.
A l'instar de la session précédente, très intéressant. Des conseils et retours d'expérience particulièrement bons à prendre.
IS300 : Infrastructure products and consideration for Sametime and Quickplace
Alors là, on est passé au niveau supérieur. C'était ma première conférence orientée infrastructure et systèmes, je n'avais donc pas encore eu l'occasion de rencontrer Chris Miller. Essayez d'imaginer le général de Full Metal Jacket avec une coupe à la brosse et qui parle à vitesse grand V de sécurité et d'architecture des systèmes IBM. Vous avez une image assez précise du personnage. Impressionnant. Tant par son niveau technique que par la discipline quasi-militaire qu'il instaure dans ses sessions.
Cette session faisait suite à sa première à laquelle je n'ai pas assisté : "IS200 Understanding LDAP and Directory services". Ce qui est dommage, car je suis actuellement en plein dans ce sujet et je ne le maîtrise par ailleurs pas très bien. Mais il y avait en parallèle l'installation et la configuration de Quickplace qui était prioritaire. Donc pour être honnête, j'y ai assisté, j'y ai pris des notes, mais je n'ai pas forcément tout assimilé.
Dans les grandes lignes, Chris a évoqué les problèmes potentiels avec l'utilisation d'un annuaire LDAP et de Sametime, ceux plus spécifiques à AD, la mise en place de DA avec AD, les règles à envisager sur un firewall quand on met un serveur Sametime en DMZ, les clusters Quickplace, la mise en place de proxies et de reverse proxies, avec par dessus le tout SSL, etc. Bref, dense et assez complexe. On est loin des 3 lignes de javascript pour masquer un lien.
Franchement très intéressant, mais mes connaissances actuelles en la matière ni mon niveau d'anglais ne m'ont pas permis d'en profiter pleinement. Je conserve précieusement les slides et mes notes pour des références futures.
QP800 : Sneak peek at Quickplace 8.0
Pour clôturer cette seconde journée, Marc Pagnier, Senior Product Manager des produits collaboratifs d'IBM, est venu nous présenter l'avancement d'IBM sur Quickplace 8.0, que Ken Bisconti avait rapidement évoqué à l'ouverture de la première journée. La première partie de sa session a consisté à faire le point sur Quickplace 7.0, la place qu'il occupe dans la stratégie d'IBM pour la collaboration, les avancées entre la 6.5.1 et la 7.0, etc.
La seconde partie était celle que nous attendions tous : QP 8.0. Voici un résumé des points clés du produit, qui devrait débarquer en même temps qu'Hannover (puisque basé sur Domino 8.0) :
- Interface moderne (AJAX, drag'n drop, etc) basée sur Dojo toolkit
- Gestion native des fils RSS et Atom
- Administration des places simplifiée (menus contextuels, click droit, etc)
- Support de l'ODF
- Intégration à Windows et MS Office
- Intégration à Lotus Notes et Sametime 7.5
Ces deux derniers points sont particulièrement intéressants et reflètent assez bien la direction prise par IBM : le concept clé est d'amener l'information et la donnée à l'utilisateur et de les intégrer dans ses outils de travail quotidiens (démarche passive), plutôt que de lui imposer l'utilisation d'un énième nouvel outil (démarche active) dont on est à peu près certain qu'il ne sera jamais utilisé. Ont donc été montrés l'accès direct aux fichiers de places depuis l'explorateur Windows (j'imagine que c'est du webdav derrière), depuis Word et Excel, depuis Sametime, depuis Outlook, depuis Lotus Notes, etc, le tout toujours lié au contexte : dans Outlook, les fichiers présentés étaient ceux partagés avec la personne qui venait d'envoyer un mail, dans Sametime, les documents partagés avec la personne en cours de chat, etc. Rajoutez une couche de Sametime par dessus le tout, dans lequel vous pouvez joindre vos collègues directement depuis Office, Outlook ou encore Quickplace, et vous obtenez un ensemble très cohérent et, j'imagine, franchement efficace.
Ces fonctionnalités sont vraiment excitantes, surtout que pour de l'IBM, il ne semble pas nécessaire d'adhérer à l'ensemble de leur gamme de produits pour pouvoir en bénéficier (et non, le monde n'est pas fait que de gens dotés de Notes / DB2 / Websphere / Tivoli, ce qu'IBM semble parfois oublier), et c'est là un point majeur qui, a mon avis, participera grandement au succès comme à l'adhésion du produit.
Conclusion
Ainsi s'achève cette Collaboration University 2006. J'ai été particulièrement sec dans mes propos à l'issue de la première journée, ce qui est un peu injuste - il me faut bien l'admettre aujourd'hui - car ces produits, bien qu'ils ne soient pas parfaits, ont de grandes qualités et rendent de fiers services en entreprise. Et tant pis si les implémentations techniques ou les moyens mis à la disposition des développeurs sont parfois discutables (oui, c'est un pragmatisme qui me fait souvent défaut). Quoiqu'il en soit, le duo Sametime 7.5 / Quickplace 8.0 s'annonce passionnant. Verdict dans quelques mois.
Quant à la Collaboration University a proprement parler, rien à dire, l'organisation a été très efficace, l'accueil exemplaire, les sessions pour la grande majorité intéressantes (dommage toutefois qu'il y ait eu les sessions "phares" en parallèle), bref, chapeau bas. J'avais assez peu d'expérience avec Quickplace et Sametime avant d'y aller, et je suis reparti avec une idée précise de chacun des produits, des possibilités comme des limites, des choses à faire, à ne pas faire, etc. C'est là l'avantage d'avoir en face de soit des orateurs expérimentés et dont c'est le métier. Alors oui, c'était cher. Mais ça valait le prix, vraiment (surtout que c'est pas moi qui ait payé).
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