 Un son caverneux, une voix réverbérée, une grosse saturation : les maniacs des prods estampillées Resistencia Underground ou encore des oeuvres de Wolok devraient savoir de quoi je parle si je leur annonce ces couleurs. Si je dis que c'est anglish et que ça se nomme Basilisk (mais ça se mange pas ; enfin, à ce que je sache), peut-être que ça vous en dira plus. Basilisk, c'est un Black Metal des grottes, des plus underground, des plus crades et malsains qui soit.
J'ai mis du temps à accrocher, mais ça en vaut la peine, car si A Joyless March Through the Cold-Lands, sorti en 2004 chez Meutre Noir Records (remis au goût du jour par le gars d'Hypothermia car trop vite épuisé (le label Insikt)) est d'un abord abrupte, il laisse une saveur de reviens-y pas désagréable. Les 27:28 minutes de ce Black Metal mid-tempo et mélancolique suffisent amplement à cerner cette pierre noire toute droit sortie des boyaux dégueux de Vintyr. Basilisk, c'était son bébé, avant qu'il ne mette la clé sous la porte pour disparaître de la circulation à tout jamais. Bref, qu'il soit pendu ou cadre dans une banque, on n'en a rien à foutre, mon travail consistant juste à vous dire en quoi ça consiste (quoi que : cherchez des infos sur le groupe Hateful Abandon, qui n'a plus rien à voir avec Basilisk : http://hatefulabandon.todestrieb.co.uk).
Hormis tout ce que je vous ai dit juste au-dessus l'air de rien, je pourrais ajouter que cet opus vaut le détour, de par la richesse de ses riffs, certes pas impressionnants, mais sacrément mémorisables et foutriques. Je pense notamment à ce satanique accord répété à l'envi d'Assault of Vermin, quatrième piste de la galette : un des meilleurs du genre. La voix Lukkmetzienne (ZBT, pour les incultes) de Vintyr prend sur ce titre, à la production quelque peu différente, toute son ampleur, déployant son côté mystique avec force : la réverbération (accompagnée de quelques bières) est particulièrement efficace sur mon esprit. Le riff de la suivante vaut lui aussi son pesant de cacahuète. Celui d'Open the Grave rappelle bizarrement (mais pas tant que ça, quand on écoute son nouveau groupe) ceux d'Alcest ou de Winterblut. En somme : c'est crade, déprimant, harsh. C'est du bon donc !
Merci à Aletun pour m'avoir parlé de ce groupe un jour où il était bourré lui aussi (enfin, comme d'hab’ quoi).
Verdict :
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