 Enigmatique formation suédoise, Nastrond fait figure d’iconoclaste au sein la scène black metal en ayant pris soin par exemple de s’écarter du star-system et en distillant ses disques avec parcimonie, en témoigne le silence de presque huit ans entre Age of Fire et Celebration of the Four. Le label Debemur Morti Productions a certainement réalisé un gros coup en sortant le seulement quatrième enregistrement longue durée du duo.
Qu’a donc à nous proposer Nastrond en ce début d’année 2008 ? Une fois l’écoute de Muspellz Synir achevée, on serait tenté de répondre pas grand-chose. Mais étayons quelque peu... Tout d’abord, l’album est long. Très long. Avec pas moins de quatorze morceaux au compteur, en incluant des plages entièrement ambient telles Ior et Passing Beyond Light. Et force est de reconnaître que le duo a bien du mal à donner une ligne directrice à ce nouvel opus. L’absence de cohérence constitue ainsi l’un des gros points faibles de Muspellz Synir, la disparité des ambiances peut parfois être un gage de variété cependant, ce n’est pas le cas ici, on a plutôt le sentiment d’un enchaînement de titres indépendants entre eux, ce qui ne facilite pas l’immersion. Autre déception : la batterie, probablement une boîte à rythme, au son synthétique fort désagréable. Le groupe enchaîne donc des compositions à la fibre atmosphérique, avec riffs fantomatiques et claviers discrets en toile de fond et des titres plus "rentre-dedans", davantage mid-tempo et misant sur la lourdeur des guitares. Dans cette veine, on retiendra notamment l’excellent Die Sense..., point d’orgue d’un album qui en manque cruellement, rampant, malsain et instaurant une impression de malaise palpable, ou encore Dark Fyres, rappelant par moments les vieux Clandestine Blaze.
Les amateurs de musique répétitive et aux climats occultes seront peut-être captivés par ce Muspellz Synir, mais pour les autres, ce ne sont pas les quelques fulgurances de ce disque qui le rendront indispensable.
Verdict :
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