 Myspace a du bon, même si cette plate-forme est critiquable. Ca permet de découvrir de sacrés bons groupes (et de vieilles merdes aussi, c'est le jeu !), d'écouter des titres d'albums en devenir et de l'ancien aussi, avant d'acheter. Récemment, je suis donc tombé sur Blashyrkh, formation française née en 2005 qui m'était inconnue et qui fait partie d'un collectif de groupes parisiens réunis sous la bannière “Warnoise BM”. Néanmoins, cela reste de l'auto-production. Avec un nom pareil, je ne pouvais que tilter ! Sans être un plagiat des maîtres norvégiens, Blaskyrkh ne prend que le nom de l'univers glacé créé par Demonaz à l'époque. Car pour le reste, ça n'a rien à voir. Que vaut donc The True Darkness ?
Le groupe s'inscrit dans la droite lignée des combos in-your-face, techniques et hyper-speed, avec moult mélodies. Dans ce genre de skeuds, on tombe parfois sur de vrais joyaux (dernier exemple en date : Diktatura de N.K.V.D) et parfois sur de pures bouses. Ici, on a le cul entre deux chaises. Comme je l'ai dit, les musiciens ont du manger un bol d'acides avant de se mettre aux instrus, car ça speed sévère. Donc bravo à ceux-ci pour leur maîtrise instrumentale. Néanmoins, on peut jouer vite, on ne va pas forcément loin pour autant. Comme le gratteux-compositeur me l'a dit l'autre soir, il ne s'est rien refusé et ça s'entend. L'un des défauts majeurs de la galette est son manque de cohérence. C'est assez brouillon, on passe des blasts à du mid-tempo “comme ça”, idem pour les parties de grattes. Comme dans l'intro, cela est flagrant également dans le titre l'Ange de la Mort par exemple, plein de bonnes idées... mal exploitées.
Pour ma part, je prends vraiment du bon temps quand le groupe se fait plus simple et traditionnel : les délires techniques en fin de compte, ressemblent plus à des éjaculations de l'ego des techniciens qu'autre chose, car n'étant pas vraiment en phase avec le reste. Enfin, la voix de corbeau trop commune (à jeter rapidement) et les plages de synthés (pour le coup, carrément mal fichues) gâchent une bonne partie du plaisir. La production en entier est également à réviser, car si elle est puissante, elle aussi reste inégale. Attention, je ne dis pas que The True Darkness n'est pas un résultat sincère, mais trop prétentieux, pas assez mâture, précipité et pas réfléchi dans son ensemble. Un opus, en somme, qui ressemble à un super bon gâteau qu'on n'a pas laissé refroidir avant de manger...
Du potentiel à revendre donc – mais à maîtriser incontestablement. Le groupe apparemment n'est pas passé par le stade démo : c'est bien dommage. “Rien ne sert de courir...” dit la fable. Regardez Celestia, qui prend son temps et bosse dur.
Verdict :
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