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Under The Sign Of The Black Mark (Bathory)


Black Mark Black Metal 

S'il ne devait en rester qu’un de Bathory, ce serait pour moi celui-ci : Under the Sign of the Black Mark. Les deux précédents opus notaient le talent et la progression dans la violence du groupe, ainsi que la recherche du son Bathory. Le Black Metal naissait. Alors que Quorthon et ses potes venaient de sortir coup sur coup, en 1984 et 85 ses deux premières bombes, la formation suédoise prenait deux ans, et nous sortait ce maléfique et tendu Under the Sign.... En 1987, en Norvège, c'était aussi Darkthrone qui se mettait à composer ses premières pièces de Death Metal et c'était surtout Mayhem, après trois démos, qui fichait une trempe à tout le monde avec son EP mythique, Deathcrush. Je crois qu'on peut dire qu'avec ce troisième effort de Bathory le Black Metal naît vraiment, même si une certaine comparaison avec Seven Churches de Possessed me fait douter, mais bon : Bathory est ici complètement affirmé, on le sent, la musique est mieux exécutée, le son plus puissant, la voix plus contrôlée, les garçons se sont mis au travail et cela se sent ! Les tubes s'enchaînent invariablement... Un disque varié et compact, la haine et la violence alternant avec le morbide et les ténèbres. Un œuvre qui inspirera grandement des suiveurs comme Bestial Summoning, Countess, Von, Maniac Butcher, Beherit, Profanatica, Burzum, Lord et tant d'autres...

On commence par une minute et demie d'une intro venteuse, caverneuse et infernale, puis le violent Massacre entame les hostilités sans pitié. Il faut dire que ce titre est l'un des plus brutaux du groupe, même quand il tapera dans le Thrash dix ans plus tard. On sait ainsi, en 2:29, à quoi l'on a affaire : des fous furieux, qui veulent vous massacrer oreilles, esprit et âme. Des riffs sataniques tirés d'une guitare bien rêche, qui part parfois dans des soli typiques mais délicieux; une batterie métronomique, linéaire, lourde : un vrai rouleau compresseur. Une voix hargneuse, avec plus de relief que sur les précédentes releases. Et cette tension constante, inhérente à la personnalité du groupe : on n'a pas le choix, Bathory est là pour nous écraser ! Puis c'est au tour du catchy - lors des breaks - et lourd Woman of Dark Desires de prendre la relève. Autre hit du groupe, qui commence avec virilité. L'épaisseur des guitares et cette batterie si lourde et linéaire (je crois que je n'ai jamais entendu un autre batteur taper comme ça à vrai dire), qui rappellent d'ailleurs les débuts de Sodom... ce n'est pas pour rien que cette release de Bathory est acclamée ! Argh ! et ce solo de la mort... Call From the Grave ralentit direct la cadence et se pose en titre mortifère et pestilentiel. S'ouvrant par une intro aquatique, on saisit combien le tempo imposé par ce putain de batteur et sa caisse claire claquante est pour beaucoup dans le succès de cet album. Le mec écrase sa caisse claire, à s'en faire péter les tympans ! Reste cette lourde basse vibrante, ces soli réverbérés, ces riffs tranchants comme le rasoir, ces vocaux de lépreux, tout cela relevé par un certain sens épique je trouve : un hymne au Black Metal... Un des meilleurs titres du genre. Equimanthorn est la piste suivante. Montant en puissance, en rythme et en menace, Equimanthorn met la purée pour nous aplatir de nouveau, comme Massacre au début du skeud. Cette track a quelque chose de Punk je trouve dans sa structure, comme dans les vocaux débités à la hache de Quorthon, qui change également de timbre, sa voix se faisant plus criarde. Et toujours ce solo sublime : un As de la six cordes !

AAAArgh !!! On continue dans l'excellence avec le mémorable Enter the Eternal Fire, avec son riff inoubliable !!! Lourd, pesant, avançant d'un pas certain, l'entrée dans le feu se fait avec volonté et il est impossible à stopper. C'est aussi avec ce morceau que l'on peut se rendre compte de l'intelligence du Suédois quant à son talent de savoir où poser ses vers. Finalement, je trouve qu'on y écoute Abbath d'Immortal également. Chariots of Fire enchaîne et tronçonne à toute blinde, tel le fameux Massacre du début. Une vraie locomotive prise de folie, tout en tension, comme si Bathory se dépêchait d'arriver à la piste suivante, qui annonce sérieusement les blast-beats des suiveurs. 13 Candles est la huitième étape de ce superbe album. Il commence d'une manière un peu similaire à celle de l'Appel de la tombe et à vrai dire, en est la suite : même pesanteur, même jeu des voix, même basse ronflante, même si le rythme se fait plus varié et moins hypnotique. Ca me rappelle même les premiers Black Sabbath. Of Doom surprend carrément : violence, noirceur, tension tout est là, mais c'est le gimmick qui fait bizarre : les riffs sont purement Death-Thrash, y compris dans le break. Le solo n'est évidemment pas oublié et tout ça fleure bon les années 80...

S'il ne fallait en garder qu'un... Tout metalhead, tout blackeux se doit d'avoir cette release en bonne place près de sa platine. Amen.

Verdict :
Posté le 09/03/2008 à 13h58 par Guudrath

Informations générales
Type : CD - 1987
Durée : 35:59
Tracklist :
1.  Natural Obeisance
2.  Massacre
3.  Woman of Dark Desires
4.  Call from the Grave
5.  Equimanthorn
6.  Enter the Eternal Fire
7.  Chariots of Fire
8.  13 Candles
9.  Of Doom...
10.  Outro
Line-up : Vocaux-Guitare-Basse : Quorthon
Basse : Christer Sandstrom
Batterie : Paul Lundberg
Enregistrement :  
Remarques :  
Contacts :  

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