 Panzerfaust est le cinquième full-length de Darkthrone, succédant aux trois premiers albums de Black Metal du groupe, posant les bases d'un nouveau style - et je dirais même d'un nouveau genre, le Black Metal tout court. Mais c'est assez injustement que l'on ôte Panzerfaust de la triade démoniaque que forment A Blaze in the Northern Sky, Under a Funeral Moon et Transilvanian Hunger. A ces trois, il faut donc rajouter celui-ci, Panzerfaust, mais également les suivants Total Death et l'excellentissime Ravishing Grimness, dont vous retrouvez dans nos pages les chroniques. Ravishing Grimness terminant l'aventure « true », le groupe à partir de 2000 commençant à s'orienter de plus en plus vers ce qu'il pratique aujourd'hui – et qui se trouve être tout aussi bon. Car jusqu'à ce dernier album, Ravishing Grimness, Darkthrone a construit un chemin de Black Metal exemplaire. Panzerfaust, quatrième station légendaire de la horde satanique, est une étape importante dans la carrière du groupe. En effet, Zephyrous le guitariste aux doigts d'or décide de quitter le groupe après cet album : Darkthrone ne se circonscrit donc plus ensuite qu'à Fenriz et Nocturno Culto, encore emplis de haine et démontrant un talent indéniable pour la composition. De plus, Panzerfaust débute l'association du groupe avec le label de Satyr, Moonfog Productions, jusqu'en 2005, année où Darkthrone revient dans l'écurie Peaceville Records. Panzerfaust devrait donc marquer une certaine rupture, mais au contraire, les Norvégiens ont décider de persévérer, avec une prod’ un peu moins crasseuse et assez compacte, une tempo plus lent, sur une longueur de trente-neuf minutes et serti de sept titres. L'heure n'était pas encore au groove...
Le full-length s'ouvre ainsi sur le long et mythique En Vind Av Sorg, pur produit de haine, de fureur, de rage, linéaire, envoûtant, matraquant la cervelle comme la formation l'a si bien fait dans Transilvanian Hunger. Une véritable baffe qui a marqué chaque esprit posant une oreille sur Panzerfaust. Le deuxième acte consiste en Triumphant Gleam, piste plus asynchrone, aux rythmes décadencés, avec un jeu de guitare/basse en « accroc », formant un mur de martèlements oppressants, le tout supporté par une rythmique assez catchy : plus Death Metal en fait. S'ensuit le formidable et lui aussi légendaire The Hordes of Nebulah... Comment en parler ? C'est un titre extrêmement pesant, poisseux, malsain, vicieux qui capte de par la menace et la dépression qu'il dégage. Pachydermique, quelque peu Heavy et d'une noirceur totale, ce troisième titre démontre que Darkthrone sait composer et interpréter avec brio tous styles, tous tempos, sans problèmes. Un titre qui a participé à la gloire des Scandinaves. Hans Siste Vinter, quatrième étape, reprend un rythme plus soutenu et s'inscrit dans la lignée de Triumphant Gleam, un peu moins catchy, mais caractérisé par ces riffs immédiatement identifiables au groupe, c'est-à-dire vicieux, maléfiques, répétitifs et mémorisables en une seule écoute. A noter le peu de paroles sur celui-ci.
Beholding the Throne of Might revient, lui, à un rythme plus lourd et lent, usant en son début de larsens. Ce titre se joue assez drôlement des rythmes : il est saccadé, comme si le groupe avait des difficultés à le faire aller plus vite. Là aussi, le refrain est composé de riffs de légende... Quintessence est le sixième chapitre de Panzerfaust. Une chanson terriblement dépressive, un titre qui m'a marqué lors de la première écoute de ce disque en 1999, un titre que je me repasse régulièrement et qui pourrait sans doute symboliser la quintessence du Black Metal : dépressif, plein de rancoeur, gluant et hypnotique. Lente et longue comme le Styx, pesante et linéaire, Quintessence est noire comme le charbon et exhale une haleine ancestrale que seul Cthulhu doit connaître au réveil. La meilleure piste de Panzerfaust à mon avis, à l'instar d'un To Walk the Infernal Fields sur Under a Funeral Moon. Mais le meilleur est encore pour la fin. Snø Og Granskog (Utferd) : du Norvégien déclamé par Fenriz, sans fioritures, d'une voix claire. Pas de guitares. Des « cuivres », des réverbérations, quelques martèlements de cymbales pour un titre quasi instrumental. Un jalon d'or unique dans la disco de Darkthrone : hypnotique, lourd, mystique... Une autre face du batteur également.
Panzerfaust est incontournable dans la discographie du groupe. On ne peut se limiter au trois premières marques dans le marbre noir de la part des Norvégiens, il ne faudrait pas faire l'impasse sur Panzerfaust, ni sur Total Death et Ravishing Grimness. Tout bon maniac se doit d'avoir cette bombe sur son étagère...
Verdict :
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