 Borgia est une formation qui s’inscrit dans une mouvance black/death depuis son apparition sur la scène en 2003 et qui compte déjà trois enregistrements à son actif. Le deuxième d’entre eux, Mandragore, révèle une trame musicale assez directe et brutale à laquelle viennent se greffer des éléments perturbateurs tels ces chœurs (Mandragore I), ces riffs dissonants (Mandragore II) ou encore ces vocaux déclamés en français (Mandragore III). Le groupe varie les tempos et veut éviter l’écueil de paraître trop prévisible. Cependant cette démo, pavée de bonnes intentions, pêche un peu dans l’exécution, les riffs manquent d’accroche, le tout sonne parfois un peu brouillon et la production semble encore trop rustre pour mettre en valeur les musiciens. Mais le potentiel est là...
... et la dernière démo en date du groupe, Amphythalamus Horroris, montre une progression manifeste en terme de qualité de composition (le fond), mais aussi au niveau de la production (la forme). Le son se fait plus chaud et clair, avec une présence remarquée de la basse. Ce qui avait été entraperçu sur Mandragore prend ici davantage d’ampleur comme par exemple la grande variété dans les vocaux, avec toutefois une prédominance de la voix death, qu’ils soient murmurés, récités voire psalmodiés. Cela donne à la démo une originalité indéniable et une ambiance presque mystique lorsque des chœurs religieux se font entendre à la conclusion de Sangre Limpia. Musicalement, la formation parisienne a rendu ses morceaux plus efficaces, notamment en ce qui concerne les riffs qui paraissent désormais plus facilement mémorisables. Un effort a également été consenti aux niveaux des mélodies (Maréchal) et le guitariste se fend même de quelques soli. Il n’en demeure pas moins que les titres restent dans une tonalité relativement sombre (mention spéciale à l’introduction des plus malsaines), mais enrichis de nombreux breaks et d’une alternance réussie entre passages rapides et lents. On sent alors poindre l’influence des derniers Arkhon Infaustus, surtout sur Charybde, très accrocheur, ou sur son morceau frère, Scylla, et son final plus atmosphérique.
Vu les promesses affichées, on ne peut qu’encourager le quatuor à perdurer dans cette voie, à encore cultiver sa différence et peut-être à développer ce concept moyenâgeux qui peut se révéler fort intéressant.
Verdict :
|