 Formée en 1999, la bande à Kris le bassiste des îles, ambitionne de créer avec Korum le mix ultime qui permettra de concilier death technique, hardcore bouillonnant, tout cela saupoudré de plans jazzy. Le combo expérimente, foisonne d’idées qu’il ne reste plus qu’à mettre en place de manière logique et digeste, surtout que le groupe ambitionne de faire de la scène.
Les titres de la présente galette sont enregistrés en 5 jours (argh !), courte durée en studio qui permet de tirer une fougue et une spontanéité certaines. De prime abord, pas de doute, c’est parfaitement ce à quoi on peut s’attendre d’un mélange de la furie hardcore et de la technique death : un bon gros bordel dans lequel il va falloir trouver des points d’ancrage sous peine d’être submergé sous les décibels et les divers plans proposés par les zicos. Il sera aisé de trouver ce qu’il faut de riffs accrocheurs, comme dans l’utra-puissant et énergique Raised upon all men, ou de structures aguicheuses à l’oreille (là c’est le cas de quasiment tous les morceaux) ; l’alternance chaotique des voix death et hardcore fait partie du tumulte qui empêche de se fixer posément, mais est au fil des écoutes devient plutôt un grand facteur de variation, puisque les voix font presque corps avec les structures permettant par moment de souligner ou de rompre ce qui se passe instrumentalement ; d’ailleurs on sent que Kris est le maître à penser qui chapeaute le tout puisque la basse est plus que présente et surtout audible. Pas mal de bonnes idées qui sortent du lot et qui évitent à la fin de l’album de sombrer dans la répétition comme l’emploi de voix à la limite de l’hystérie et du scat sur des riffs couplant rapidité et accumulation de tension dans Follow ou des riffs limite black metal dans Carnival Masks.
Loin d’être linéaire, carrément surprenant, ce premier album tient la longueur grâce à une multitude de bonnes idées bien réparties et exploitées.
Verdict :
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