 La démo-live Satanik-Nuklear Engined-Turbodefekator de Vortex of End (trio basé à Charleville-Mézières) m'avait bien botté le cul à l'époque de sa sortie chez Ars Funebris Records, petit label underground qui monte malgré les nombreux crachats dessus : le gaillard semble solide ! Bref, ce jeune garçon a de nouveau décidé de poursuivre l'aventure avec le trio de Champagne-Ardenne, avec ce premier album – déjà – intitulé In Satan And Plutonium We Trust, co-produit avec le faux-label Ahriman Records, mort en enterré pour notre bien. Bon, la démo étant une prise live quatre titres, le son était gras et chaud ; dans le concret, Vortex of End (VoE) tabassait sec, un vrai rouleur compresseur mêlant les influences les plus extrêmes, donnant un résultant à la croisée du Black Metal, du Thrash, du Punk et du Death. VoE possède une griffe, on ne peut lui reprocher !
Alors que donne donc ce In Satan And Plutonium We Trust (abrégé ISAPWT) ? Pour les personnes qui n'auraient pas eu la précédente démo dans les oreilles, elles pourront se rattraper avec ce full-length, car les quatre titres qui s'y trouvaient sont de nouveau là. S'y rajoutent quatre nouvelles pistes, ainsi qu'une intro, pour un total d'environ trente-sept minutes. Il y a à boire et à manger. Je n'ai pas aimé de suite cette nouvelle galette (au livret superbe, sans les paroles mais avec un photomontage montrant toutes les perversions et dérives possibles de l'humain ; je me demande où ils ont trouvé certaines d'entre elles) car on n'y trouve pas la percussion de la démo-live. Il y a une certaine déperdition de puissance, d'impact dans cet opus assez dommageable, bien que le groupe n'ait en réalité pas perdu de sa force de frappe et qu'il n'a rien changé à sa personnalité. Les ambiances crades et menaçantes se sont également légèrement étiolées. Faute à la production, toujours live et organique, mais donc moins grasse et grésillante.
Néanmoins, ce changement permet de mieux comprendre la musique du groupe. Précisément, VoE joue un Blackened Thrash jouissif aux accents punk, ce que j'avais quelque peu dénoté dans ma chronique de la démo. L'on comprend mieux ce qui se trame : nous voici donc en face d'une formation se basant sur des structures, riffs et passages bien Thrashy, afin d'envoyer le bois sec dans nos esgourdes, mais simplifiant et salissant quelque peu son jeu dans un esprit purement Black Metal – dont le vocaliste possède également le grain de voix cher au genre. Toutefois, les influences Thrash Metal se font désormais fortement entendre et c'est avec nostalgie que je repense à toute cette scène que j'adule... VoE et son ISAPWT ne pouvaient donc que me plaire ! D'autant que les quatre nouvelles plages sont carrément plus orientées de ce côté-ci que les autres plus Black Metal. Sur la cinq ou la sept, on pensera même à quelques titres dans le style Carpathian Forest ou Nocturnal Breed. La dernière s'ouvre et se ferme sur un énorme vomissement, accrochez-vous bien !
En somme que du bon... Difficile à ingurgiter, ISAPWT laisse néanmoins un bon goût dans la bouche, malgré nos tripes à l'air...
Verdict :
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