 AAAAAAArgh ! The CULT IS ALIVE !!! Rapide tour d'horizon autour de moi : peu des autres chroniqueurs de la Toile ont apparemment pigé le Darkthrone de 2006. Je crois bien qu'ils n'ont rien saisi à Darkthrone, carrément. NON, Darkthrone n'est plus Darkthrone ! Du moins l'ancien, mort et enterré depuis leur dernier opus totalement Black Metal – et qui amorçait, avec son nouveau son, le virage sonore – l'excellent Ravishing Grimness, sorti en 1999. D'ailleurs, à la suite de ce dernier en 2000, sortait leur première compilation de démos, Preparing For War : une page était tournée ! L'influence de Zephyrous se diluait, de plus, fortement. Avec Plaguewielder, Darkthrone changeait de peau, tombait les clous du Black Metal pour endosser le bon vieux perfecto des metalleux et punks dans l'âme qu'ils sont devenus. Ce qu'ils sont devenus, comme ils l'affirment clairement avec ce The Cult Is Alive. Ce n'est pas LEUR propre culte qui est encore en vie, mais celui qu'ils honorent depuis leur débuts : celui du vieux metal gras lourd et simplifié ; celui du Hard-Rock Motörheadien ; celui du Black-Thrash à la Bathory et Hellhammer-Celtic Frost ! Voilà le culte qu'ils vénèrent !
Et cela me désole de me voir entouré de certains abrutis n'ayant rien pigé à Darkthrone et qui, forcément, ne peuvent rien comprendre à ce superbe groupe. Car soyons franc : Darkthrone joue donc depuis l'entrée dans le troisième millénaire une sorte de Blackened Thrash-Punk, fortement teinté d'influences Hard Rock et de vieux Heavy. Cette lente progression - afin de ne pas trop choquer les maniacs du groupe comme moi ? Afin d'enlever délicatement l'ancienne veste/image de Blackeux pour revêtir la bonne vielle veste à patchs d'antan ? - nous amène donc à ce magnifique album qu'est The Cult is Alive, aux gros accents de vieux Celtic Frost/Bathory/Motörhead. Normal : ces garçons doivent bientôt avoir quarante berges. Normal, les esprits évoluent, les vies se construisent, les hommes changent. La musique aussi, forcément. Désolé pour ceux que Darkthrone en personne n'a pas prévenu ou interpellé sur son changement d'orientation musicale. Faut qu'ils préviennent la fois prochaine ? C'est dommage, ils avaient escompté de la critique, de l'analyse, des connaissances musicales... Enfin, je dis ça, ils s'en foutent comme de leur première baise/bière !
On commence donc ce cultissime disque avec un The Cult of Goliath absolument trippant. Le duo guitare/basse de Nocturno Culto fonctionne rageusement, dans un pur esprit Hard Rock, supporté par un Fenriz en bonne forme, parfaitement en phase : on headbangue avec force, ça bouge, c'est catchy et entraînant, bref, ce titre - comme les suivants - est déjà un hit ! La voix nécro, toujours réverbérée, elle, de N.C grésille du fond de sa gorge avec délice : whiskey and cigarettes ! Le formidable Too Old, Too Cold, que l'on retrouve sur l'EP sorti avant l'album (avec Graveyard Slut et deux autres nouveautés) est une seconde bombe qui fait exploser les tympans ! Motörhead n'est pas loin ! Ici, les breaks sont ravageurs, le tempo reste moyen et lourd – la basse grasse est bien présente – et les guitares deviennent rasoirs ! On suit la même cadence catchy avec l'excellent Atomic Coming, dans la même veine, plus morbide dans les atmosphères toutefois. La batterie en carton, très organique de Fenriz est un pur délice et ces riffs de tueurs... AAAAAAAAArgh ! Graveyard Slut vaut également son pesant d'or : pour qui aime Celtic Frost/Hellhammer, le duo norvégien vous régalera ! Fenriz y pousse des "Hou" comme Tom G. Warrior, et balance un set très rock'n'roll de derrière ses fûts, bref, cette piste massacre ! De plus, N.C introduit un petit solo Hard Rock au tiers du titre : on en redemande et on sera servi !
Underdogs and Overlords sonne lui plutôt Punk, avec cette batterie toujours aussi lourde et simplette. Un titre "très ancien" dans la forme. On continue avec le jouissif Whiskey Funeral, un titre on ne peut plus Hard Rock ! C'est dépouillé, mais catchy et c'est ce que le duo affectionne ! N'en attendez pas autre chose... Darkthrone n'est plus le Darkthrone d'antan. Plus de mystique, plus de nécro, plus de mystère, mais du metal et du Hard, rien d'autre. Se faire plaisir est tout ce qui leur importe. Jusque là, The Cult is Alive se montrait quelque peu agressif. Cela se calme pour les morceaux suivants. De Underjurdiske (Aelia Capitoliana) est d'une teinte un peu plus sombre, doomesque et mélancolique, contrastant avec les titres précédents. Tyster Pa Gud est d'un rock'n'roll un peu effacé mais dans un esprit bien Motörhead toutefois, avec son solo d'américain et son batteur ultra-simpliste qui fout la patate quand même. Il vaut la peine d'être écouté. Shut Up se révèle lui moins inspiré et moins trippant. Il est certainement le moins bon de tous. Forebyggende Krig tout aussi bon que les titres de la première moitié, quoique s'inscrivant plus dans le registre de De Underjurdiske. Il possède un solo fameux et longuet : on sent Darkthrone en plein trip retro...
"Nothing to prove
Just a hellish rock'n roll freak
You call your metal black
It's just spastic lame and weak
We're too old
Too cold
Too old
And too cold"
Une perle de Hard Rock'n'Roll, de vieux Thrash-Black, de Punk bien senti que ce The Cult is Alive. Darkthrone se fait plaisir, sans attendre quelque chose de ses fans et maniacs ! Fuck Off And Die est le titre du prochain missile de fin 2007... que je chroniquerai sans attendre !
Verdict :
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