 Suite à ma chronique d’Intégrisme, vous aurez peut-être remarqué que j’apporte beaucoup d’attention et d’intérêt au travail de Voxum, à travers son excellent projet Sombre Présage. La musique qu’il pratique, étrange mélange de sonorités ambient et drone, baignant dans un esprit black des origines, est à mes yeux quelque chose de réellement captivant, sincère et original. Sans vouloir polémiquer, je dirais volontiers que de nombreux groupes devraient s’inspirer de cette démarche passionnée et honnête. Mais là n’est pas la question, et je souhaite ici parler de l’hommage que Voxum rend au plus grand "groupe" de black de tous les temps : j’ai nommé l’immense Burzum.
Quand un groupe que vous voulez soutenir s’attaque à un monument tel que Burzum, il y a forcement une forte appréhension avant la première écoute. Est-ce que Voxum va préférer assurer, jouer la facilité en reprenant le plus fidèlement possibles les compositions de Varg ? Ou va-t-il laisser parler l’inspiration qui remplit ses propres releases, quitte à prendre un maximum de risques en s’éloignant des originaux ? Pour ma plus grande joie, Voxum a opté pour la deuxième solution, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il s’en sort admirablement bien ! Il est aidé dans son entreprise par Sir Astaroth (de Praeter Hominem et Transcendance) aux voix, et Marymorgan, qui a écrit les poèmes accompagnant Obscurité et Mauvais Présage.
Ce qui change énormément avec les précédentes réalisations de Sombre Présage, c’est que la base des compositions est formée par un triptyque guitare-piano-voix, les parties ambient et les sonorités diverses étant là juste en accompagnement (bruit de pluie et d’orage sur Mauvais Présage). Les guitares ne nous sortent pas de riffs typiquement black, mais plutôt de longues et lentes complaintes dans un esprit très "drone". Le piano est omniprésent, remplaçant les nappes de claviers plus ambient par de véritables parties classiques rappelant par moment un orgue d’église (comme sur la superbe montée en tension avant l’arrivée du chant sur Obscurité). Enfin le chant de Sir Astaroth vient compléter cette base. C’est là peut-être le seul défaut de ce Tribute (et encore...). Non pas que les vocaux soient de mauvaise qualité, au contraire ils s’intègrent parfaitement au reste de la musique. Mais ils sont pour cela extrêmement travaillés, comme avec une forte distorsion et réverb', ce qui leur fait perdre leur aspect naturel. Cela apporte un côté dérangeant indéniable (qu’on retrouve d’ailleurs dans le chant de Varg sur Filosofem), mais j’ai toujours préféré les voix plus naturelles et directes. Quoi qu’il en soit, il faut admettre qu’elle participe pleinement à la création de cette atmosphère froide, angoissante et de déchéance dans laquelle baignent ces trois compositions.
Ce Tribute confirme donc tout le bien que je pense de Sombre Présage. Alors pourquoi ne lui mettre que 3 ? C’est vrai que l’objet en lui-même mérite facilement un 4, mais je suis convaincu que Voxum peut nous offrir d’autres excellentes reprises de Burzum, et s’il nous gratifie d’un deuxième Tribute de cette qualité, je le lui mettrai sans la moindre hésitation. Espérons donc que ce ne soit que la première partie d’un excellent hommage rendu à ce groupe culte.
Verdict :
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