 Vordr est un des plus surprenants cocktails au monde en matière de metal extrême. J'avais déjà chroniqué le I. Je ne résiste pas à la chronique de ce jouissif chapitre II, toujours produit par Nykta, qui confirme par là avoir misé sur le bon cheval. Vordr est donc un cocktail rassemblant des compos lourdes et puissantes, sans temps morts, dynamiques, avec des structures presque punk, boostées par des riffs thrash, avec un gros son crade, une batterie survitaminée et carrée, sonnant live et avec cette voix, celle d'un Gand rageur, hystérique, souffrant et véritablement UNIQUE... Tout cela sur un fond misanthropique et très axé "heathen" : vous l'aurez peut-être compris, Vordr est un énorme groupe, dont rien, absolument rien n'est à jeter, un groupe très très prometteur, impulsif, une formation bestiale, malsaine et extra-terrestre, quelque chose d'inattendu... En somme : un monstre de metal extrême. Sans se cantonner à un style particulier Vordr balance ses tripes et se fait plaisir, sans pour autant laisser de côté la technique car même si Vordr fait dans le brut de décoffrage, les trois garçons savent jouer des cordes et des toms !
Vordr suit toujours sa ligne de conduite dans ce II. Mais il l'approche différemment : en effet, la basse est plus présente et les passages lourds plus présents et cela donne à l'ensemble un effet plus désespérant, comme s'il n'y avait plus d'espoir dans leurs visions – résolument misanthropiques ! Pour la même durée ou presque que le premier opus, on passe de seize à treize titres, bien que certains d'entre eux soient très courts. Et ceux-ci se révèlent plus travaillés, plus hétérogènes que le massif premier acte. On débute donc avec un titre lent et lourd, saturé de basse (toujours avec cette production intelligente, sonnant très "live"). Passé cette track, Vordr met le paquet en nous envoyant une track bien pêchue et catchy. On n'est pas là pour rigoler et Vordr le sait bien. Une chose intéressante à noter dans la musique de Vordr, c'est sa capacité à fabriquer des riffs "sonnant" juste à chaque fois, aidé d'un batteur fou, très dynamique : je dirais que ce dernier est le Dave Lombardo du genre... Pour continuer Vordr est un peu une tempête que rien n'arrête : il peut se révéler déprimant à souhait comme sur la piste 3 ou bien relever d'un coup la tête pour nous pondre un titre dévastateur et rageur comme sur la suivante. Les Finlandais savent également se montrer moqueurs et cyniques sur certains titres, comme sur Crystal Lake ou la 8, à la rythmique bateau, à la limite du "je m'en-foutisme"... Excellent. Donc en un mot comme en cent : Vordr est une bombe incontournable et me fait sincèrement dire, qu'il est l'un des tous grands de l'Underground...
Verdict :
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