 Voici mon album de l’année 2004. Et D... sait que la concurrence a été rude, avec notamment les excellents Samael, Mayhem et Rotting Christ (pour ne citer qu'eux) ! Mais voilà... Redemption Process est exceptionnel de bout en bout. Que l’on considère la musique, les paroles, les ambiances, l’esprit de cet opus... tout repousse les limites de la perfection ! L’écoute de ce bijou nous place devant huit véritables bombes, qu’il convient bien de décrire une à une.
The Shining lance la machine de guerre. Une courte intro aux claviers, puis un déluge de guitares qui en dit long sur la teneur de ce disque. Anorexia est bien décidé à tout détruire sur son passage, pour reconstruire un monde selon sa vision nihiliste. La voix de Mr Hreidmarr est magnifique, déchirée, sensible, puissante... Les claviers de Neb Xort apportent une grandeur à la musique, lui donnent une dimension énorme, et rajoutent de l’agressivité à l’ensemble. Les riffs de guitare sont destructeurs, le jeu de batterie et de basse hallucinant de rapidité et de précision. Et comme dans toutes les chansons d’Anorexia, les paroles sont tout simplement sublimes, pleines de haine, de rage et de poésie. A peine le premier titre terminé, Antiferno démarre dans une tempête de guitares et de claviers, ces deux éléments se mêlant à merveille tout au long de l’album. La voix de Mr Hreidmarr envoûte littéralement l’auditeur, tellement écorchée, souffrante, unique.
A peine deux chansons et Anorexia a réussi à nous mettre sur les genoux. Le coup de grâce est porté avec Sister September, incontestablement la bombe la plus dévastatrice du CD ! L’intro au violon peut nous faire penser à une composition plus "calme" que les précédentes, mais au bout de quelques secondes l’ensemble du groupe explose dans un tourbillon symphonique éblouissant. Tous les éléments sont présents pour nous anéantir : une batterie précise, changeante, une basse qui donne une profondeur et une puissance énorme au morceau, des nappes de claviers captivantes, des riffs merveilleux et un chant incroyable de douleur et de rage. Le "refrain" hurlé est somptueux, la structure tout en changements est captivante, et nous amène vers un final époustouflant de force, de haine et de mélodie. Une perle qui devrait tout ravager lorsqu’ils l’interprèteront sur scène !
Après ce titre, l’auditeur comprend bien qu’il n’a aucune chance de s’en sortir. Anorexia enfonce alors le clou avec Worship Manifesto, une compo magnifique, dont je retiendrais surtout les paroles absolument merveilleuses : "Ici commence la nuit noire de l’âme, Ange de glace désertant l’enfer, Mon corps est un dernier chemin de croix...". La voix claire de Mr Hreidmarr est somptueuse, nous emmenant vers son univers de désolation, de tristesse, de colère et de poésie. Une chanson grandiose ! Codex-Veritas et An Amen poursuivent dans le style propre à Anorexia, à savoir guitare puissante, rythmique ultra rapide mais ménageant quelques breaks bien sentis, envolées de claviers magnifiques, ponts tout en douceur et volupté avant de repartir de plus belle, chant black chargé de haine et voix claire poignante, paroles somptueuses, alliant anglais, français et latin. Deux autres bombes ! (A noter les chœurs magiques sur An Amen...).
S’ensuit The Sacrament, une nouvelle tuerie, dans un style légèrement différent des morceaux précédents. Celui-ci a un côté tribal dans ses chœurs incantatoires. Un titre que j’associe toujours au Seigneur Des Anneaux (je suis un fan inconditionnel !), notamment le passage de la Moria et du pont de Khazad-Dum. Mais il s’agit peut-être là d’une vision très personnelle... Toujours est-il qu’il est magnifique, donnant le sentiment d’assister à une messe noire ensorcelante. Redemption Process s’achève par la reprise d’Indochine Les Tzars. Avant de l’écouter j’avais une certaine appréhension, qui s’est vite dissipée une fois la chanson démarrée. Anorexia s’approprie parfaitement le morceau, lui apportant une puissance énorme, notamment au niveau du chant. Une excellente reprise, pleine d’audace mais surtout de réussite, même si les paroles sont assez éloignées de l’habituel style romantico-nihiliste. Encore un morceau qui devrait faire des ravages sur scène, et qui conclut à merveille un disque fabuleux.
Vous l’aurez compris, Anorexia nous livre là un hymne à la haine, au nihilisme et au romantisme. Ce CD est parfait, et place le groupe comme l’un des leaders internationaux du black symphonique. Un immense album !
Verdict :
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