 On a tout dit et tout écrit sur cet album et ce groupe, aussi il sera facile à tous d'émettre une critique vis à vis de mon choix de chroniquer les trois premiers opus de Darkthrone. Mon choix s'est fait par dépit envers la réserve tacite pour ce qui est d'en discuter : comme s'il ne fallait pas égratiner la chose ou que personne n'en est digne. Cette essai de retranscription ne s'adresse donc qu'aux passionnés - ceux qui aiment encore entendre la légende... A ceux qui découvrent le groupe. Ou encore à ceux qui désireraient avoir un éclairage différent du leur. Pour moi, l'album et le groupe sont synonymes de véritable naissance du Black Metal au même titre que le Diabolical Fullmoon Mysticism d'Immortal. Groupe et album synonymes aussi d'un esprit - que Darkthrone incarne mieux que quiconque dans le mouvement... Ténèbres. Flammes. Mysticisme. Atavisme. Froideur. Mélancolie. Fureur. Malaise. Solitude. Frustrations... tout cela s'accorde et se retrouve dans ce disque immortel, car seuls les chef-d'oeuvres rassemblent tant de caractéristiques. Chaque titre est un hit. Du sublime Katharian Life Code au gigantesque The Pagan Winter, Darkthrone nous noie dans une bile occulte, misanthrope et démoniaque...
Bien que dans ses structures, on peut encore déceler des racines Death, telles qu'elles furent conçues pour Soulside Journey, cet album-fondateur possède néanmoins une âme typiquement Black Metal, de par son aspect tragique, furieux, dépressif et malsain. Riffs, batterie, voix, textes, visuel, tout a été pensé puis craché du fond des boyaux, du fond de l'âme violée d'êtres rompus aux absurdités de la société et de son esclavagisme déguisé. Darkthrone a créé là un monument de noirceur dédié à la misanthropie et aux ténèbres. Les oreilles inhabituées au BM ne sauront saisir cette oeuvre immense ni la décrypter : mais tout un chacun aura malgré cela, vite ressenti ces sentiments mauvais qui en émanent. C'est une oeuvre pour les tripes, qui parlent aux tripes. Jamais plus aucun album n'atteindra cette noirceur mortuaire, jamais plus personne n'obtiendra ce son, jamais plus personne ne retrouvera ces riffs maléfiques et éternels, jamais plus la batterie ne sonnera comme ça, jamais plus personne ne criera de la tombe comme Fenriz. Jamais plus ne renaîtra ce feeling, cette ambiance que les maîtres du genre réussiront pourtant à maintenir jusqu'à Panzerfaust... A Blaze in the Northern Sky est dédicacé à Euronymous. Indispensable, on ne le dira jamais assez.
Verdict :
|