 Groupe mythique de la scène black norvégienne, Darkthrone n’est plus à présenter. Au cours de ses 19 ans d’existence, cette entité mystique a connu deux périodes relativement différentes : la première époque, orientée death-metal, avec un album comme Soulside Journey, et enfin la phase purement true black, avec des albums cultes tels que A Blaze in The Northern Sky, Transilvanian Hunger ou encore Panzerfaust.
Goatlord est à situer à la frontière des deux styles musicaux : la musique a en effet été enregistrée en 1991, période où Darkthrone commençait à dévier légèrement vers le black, et les vocaux ont été posés en 1994, année où Transilvanian Hunger vit le jour, ce qui donne une mixture ‘black-death’ véritablement malsaine et offensive. Presque ignoré dans la carrière du groupe, cet album est certainement le plus original de tous. Jamais Darkthrone n’a été aussi loin dans la composition et même dans la technique (!) Fenriz se déchaîne comme jamais derrière ce qu’on peut appeler sa batterie, Nocturno Culto crache sa haine avec la voix qu’on lui connaît aujourd’hui, et les autres musiciens suivent parfaitement, comme le prouve le bassiste Dag Nilsen, qui apporte de la nouveauté et de la fraîcheur dans les morceaux (illustre exemple dans Black Daimon). Des chœurs féminins ont été ajoutés, et sont par contre assez gênants, hormis sur Green Cave Float où ils sont du plus bel effet. Au niveau des compositions, rien à redire : cet album est avant-gardiste et si un groupe sortait un tel album à ce jour il se ferait sans doute remarquer ! Les deux guitares sont complémentaires : tantôt elles jouent le même riff et amènent de la puissance et de l’intensité, tantôt l’une joue à la quinte de l’autre, ce qui fait ce charme et cette sonorité si particulière. Thème que je n’ai pas encore abordé : le son, qui est une question primordiale pour Darkthrone ! Personnellement, je trouve que le son de ce disque est purement adapté aux compositions. Il se dégage quelque chose d’opprimant, de mystérieux et de sombre qui, lui aussi, ajoute son charme. A noter : une brève apparition de Satyr sur le titre Rex et Sadomasochistic Rites.
En résumé, si vous aimez Darkthrone mais que vous pensez que si vous avez un album vous les avez tous, celui-ci est fait pour vous ! Par le biais de paroles incantatoires et d’une musique death/black non-conformiste, Darkthrone frappe fort sans s’en rendre compte. Long Live To The Pure Norwegian True Black-Metal, Long Live To Darkthrone !
Verdict :
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