 Enslaved, vraiment une des formations de metal extrême que j’apprécie le plus, avec son côté unique et décalé par rapport au reste de la scène, son évolution constante, ainsi que sa musique tellement envoûtante. Terminant la trilogie Monumension – Below the lights – Isa, ce dernier s’impose comme un des piliers de la discographie d’un groupe qui pour moi a produit un sans-faute jusqu’à présent.
Tout d’abord le titre de l’album fait référence à la rune du même nom. Voici donc l’interprétation qu’en a faite Ivar Bjornson : "Isa est le nom d’une rune très puissante, considérée par beaucoup comme l’une des plus dangereuses et avec qui tu peux pactiser. Pour moi cela symbolise la quête de pouvoir, la force intérieure ultime et un point culminant pour rassembler l’inspiration et l’énergie. Isa symbolise l’horreur et la beauté, le chaos et la sérénité". Attention ce disque n’est pas facile d’accès et demande un investissement vraiment poussé de la part de l’auditeur pour appréhender toutes ses richesses. La courte intro est planante et nous engage dans un voyage immense et intense. La musique est encore différente des précédentes réalisations ce qui montre que le combo ne stagne pas et pourtant on reconnaît sa patte. La production est vraiment énorme, chaque instrument se détache par rapport aux autres, les phrasés sont typiques d’Enslaved. Tout cela favorise grandement cette impression planante émanant de ces dix morceaux. Les voix black et death sont irréprochables. Les influences "pink floydiennes" et du rock à l’ancienne sont toujours décelables. Les chants clairs sont vraiment très travaillés et sont touchants à l’écoute comme par exemple dans Isa, Return to Yggdrasill ou encore Ascension. Tout est bien pensé et merveilleusement exécuté, même les plus petites parties de synthé sont vraiment faites avec soin.
Les ambiances nous transportent dans les contrées enneigées de Norvège où Grutle et sa bande rendent hommage à l’ancienne culture païenne de leur pays. Le jeu sur les dissonances dans Lunar Force montre tout le travail de composition que ces messieurs ont certainement consacré pour nous concocter ce nouvel opus, de même pour les parties de batterie qui mettent en valeur diverses subtilités qui sont vraiment intéressantes, la finesse et les nuances sont très présentes, le nouveau batteur Cato Bettevold s’est vraiment bien intégré. On ne s’ennuie pas un seul instant tellement l’univers de la formation norvégienne est complexe à parcourir d’un bout à l’autre. Une chose que certains pourraient lui reprocher c’est qu’il n’est pas violent. Le voyage n’en est que plus profond et baigné de mélancolie, on sent que le temps passe extrêmement vite lorsque l’on doit reprendre conscience et revenir à la réalité. Tous les titres se complètent et possèdent une ambiance propre qui les distingue des autres. Bounded by Allegiance avec son final très prenant ainsi que Neogenesis sont certainement ceux qui m’ont le plus marqué dans cet Isa qui de toute façon ne possède que d’excellentes compositions. L’artwork est bien travaillé, comme d’habitude dirons-nous pour Enslaved qui peaufine énormément ses albums pour ses inconditionnels. Au niveau des lyrics, l’approche païenne est vraiment très originale et on peut dire qu’elle colle parfaitement aux morceaux.
En résumé, je ne peux rien dire d’autre à part que cet enregistrement est extraordinaire et ajoute une pierre à l'édifice déjà énorme et imposant d’un groupe qui ne s’arrêtera pas là et qui nous réservera certainement d’autres surprises dans le futur.
Verdict :
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