 Bestial Warlust, qui a splitté en 1995, a constitué l’un des combos majeurs de la scène extrême australienne et a influencé bon nombre de formations, bien au-delà de ses frontières. Ses anciens membres ont regagné ou formé des groupes aux styles assez divers : le batteur Hellcunt est parti fonder Gospel of the Horns, K.K Warslut a rejoint Deströyer 666 tandis que le chanteur Bloodstorm a incorporé les rangs d’Abominator, ce dernier officiant dans un registre death/black.
En fait, les amateurs de Bestial Warlust se retrouveront, à l’écoute de ce Damnation’s Prophecy, en terrain connu tant Abominator cultive une ressemblance musicalement parlant avec ce premier dans un style moins chaotique toutefois. En effet, durant les cinquante minutes que dure le disque, la formation australienne exécute son métal extrême direct et sans fioriture avec rigueur. Ici point d’effets superflus ou de recherche farfelue, le groupe s’attache plutôt à produire une musique rapide et brute. Quelques soli émaillent les morceaux et la dualité des vocaux gutturaux et criards introduit une dynamique intéressante mais en règle générale, les titres de cet album se font particulièrement compacts et rugueux. La production minimaliste s’accorde d’ailleurs bien avec le style pratiqué sur cet opus. Le reproche que l’on pourrait faire à Damnation’s Prophecy est sa relative linéarité : en effet, les compositions dépassent souvent les cinq minutes et certains passages redondants entraînent une certaine lassitude. Cependant le combo délivre quelques riffs particulièrement bien sentis tels sur Ode To Morbid Pleasure, probablement le morceau le plus mémorable de l’album, ou Sepulchral Vomit.
Abominator réalise donc un premier full-length solide qui s’inscrit dans la grande tradition du black/death australien.
Verdict :
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